« L'avenir aujourd'hui
m'est plus obscur que jamais. Je ne songe point à l'accorder à mon
passé, je ne songe qu'à cette minute qui me brûle. Je sais à tout
instant ce qui meurt, et je ne crois pas que quelque chose un jour
renaisse. » [Louis Aragon]
- Andréa -
Autour de moi, tout est blanc. Les murs, le sol, le tissu et même
l'air, semblable à de l'aspirine. Ici, tout sent la maladie. Ou
pire, la mort.
J'entends mes amis sans vraiment les écouter. Leur conversation
futile m'exaspère et cette situation n'est pas nouvelle. Ils ont
appris à me connaître et se sont adaptés à mon caractère de merde -
enfin, je crois.
Ils sont tous assis les uns sur les autres à l'autre bout de la
pièce et ils ont l'air cons, vraiment cons. Ils parlent de tout et
de rien pour détendre l'atmosphère mais je ne crois pas que ça
fonctionne. Mes amis sont des ratés, incapables de sortir une
blague ou deux dans des moments tragiques. Déplorable.
Je secoue la tête, du moins, c'est ce que je ferais si j'en avais
la force.
Sarah s'approche du lit, son visage angélique masquant sa force de
caractère incroyable. Pourtant là, ses traits sont tendus, durcis,
comme si elle empêchait ses émotions de l'assaillirent. Elle
retient un sanglot mais ses épaules se secouent. Axel s'approche
d'elle et pose ses mains dans le creux de son cou.
- On devrait peut-être appeler Al...
Elle n'a pas le temps de finir sa phrase qu'une chaise grince et
que j'entends Will se lever brutalement.
- Il n'en est pas question ! Elle n'a rien à faire ici. Tout
ça, c'est de sa faute !
Ash se retient de lui bondir dessus. Il déteste qu'on dénigre sa
sœur devant lui. Mais il ne dit rien, parce que ça n'est ni
le moment, ni l'endroit pour la défendre. Les circonstances sont
contre elle. Les circonstances seulement.
Le silence revient. Un mutisme forcé pour éviter les altercations,
parce que les cris dans un hôpital sont toujours pesants et
malvenus.
J'aimerais que tous arrivent à s'entendre mais ils sont cons et
têtus et c'est peut-être là tous nos points communs.
Mes yeux sont clos et seule une lumière subsiste dans cette
immensité sombre. Je sais que c'est elle qui se manifeste. La seule
chose qui me retient ici.
Sarah se met à parler mais personne n'a le cœur à l'écouter.
Sauf moi peut-être. Elle raconte nos altercations du début, nos
vacances tous ensemble, les moments de rires, nos fichus
caractères. J'essaie de me concentrer sur autre chose que la
douleur. Je ne la sens plus.
Son monologue est interrompu par le son strident des machines. Je
ne sens plus rien, les bruits me semblent lointains. Je perçois mes
amis qui s'approchent, les yeux exorbités par l'affolement. Cinq
infirmières arrivent et se crient des instructions que je n'arrive
pas à comprendre.
- Il ne réagit pas, crie l'une d'entre elles.
- On le perd, s'époumone une autre.
La stupeur de mes amis écrase ce qu'il reste de mon
cœur.
Au fond de moi, la petite lumière s'éteint. Ils me perdent. Mon
coma n'a plus lieu d'exister. Je vais mourir.
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Hey 
Eh bien voilà, après un an d'absence
sur Jv, me revoilà ! J'ai terminé ma première fiction le 17
novembre 2009, et je commence celle-ci le 21 novembre 2010. Voici
donc le prologue de cette deuxième fiction, Oublie le
monde. Pendant un an, je n'ai pas écris la moindre histoire
longue, donc j'espère que celle-ci sera à la hauteur.
M'enfin
bon.
J'espère que vous avez apprécié de prologue, n'hésitez pas à donner
votre avis, ça ne sera que bénéfique.
Gros bisous à tous. ♥